IBERIANA-2 – იბერია გუშინ, დღეს, ხვალ

• Inga Ghutidze- Les problèmes de l’identité linguistique…

• Georgia – საქართველო

 ინგა ღუტიძე- ქართველთა ეთნიკური და ენობრივი იდენტობის საკითხები მ.თამარაშვილის ”ისტორია კათოლიკობისა ქართველთა შორის” მიხედვით

 

 

inga_ghutidzeInga Routidzé (Inga Ghutidze)

L’université d’état Ilia

Les problèmes de l’identité linguistique et ethnique des Géorgiens d’après

«L’histoire du catholicisme parmi les Géorgiens» de M. Tamarachvili

L’étude des documents historiques  présentait toujours un intérêt particulier pour les chercheurs de chaque pays afin de mieux expliquer les malchances ou les succès du passé. A cause de nombreux malheurs historiques, une grande partie des sources géorgiennes est perdue ou bien elle n’est  pas encore étudiée. C’est pourquoi chaque source ou chaque document est très important.

Mikheil_TamarashviliMikel Tamarachvili, une personne distinguée et remarquable, était un grand professer, savant, publiciste qui connaissait bien des langues étrangères: le français, l’italien, le latin, le turc, l’arménien et le géorgien. C’est lui qui a découvert et a étudié les matériaux décrivant le voyage en Europe du grand homme et de l’écrivain géorgien Sulkhan-Saba Orbéliani. Dans l’histoire de la Géorgie, M. Tamarachvili comme l’homme des sciences à la suite de grands efforts, d’immenses difficultés et de travail a su non seulement trouver et étudier des documents et des sources géorgiens éparpillés ou gardés dans les archives de Moscou, d’Alexandrie, de Londres, de la Turquie, de l’Italie, de la France, mais  il a réussi à donner la réponse convenable à ceux qui souhaitaient la décomposition de la conscience nationale. M. Tamarachvili à l’aide des documents découverts par lui, a présenté la Géorgie à l’Europe qui avait  l’image très vague de ce pays. «… Nous avons eu l’intention de ramasser les documents des siècles passés. Mais où devions-nous les chercher ? Bien sûr, pas en Géorgie, où à défaut de vieilles archives il n’y a pas même leur trace. Nous devions nous adresser aux archives de l’Italie et de différentes villes de l’Europe… Les documents concernant la Géorgie ci – présentés est une petite partie de documents qui sont déjà perdus et dont la découverte est déjà malheureusement impossible. Nous espérons aussi découvrir une petite partie de documents à la suite des efforts supplémentaires parce que nous n’avons pas encore visité toutes les bibliothèques et toutes les archives de l’Europe et dans quelques archives nous devons encore continuer nos recherches incomplètes»[1]. Il était impossible de trouver quelques lettres géorgiennes envoyées de la Géorgie et la plupart de ces lettres sont traduites du latin.

« L’histoire du catholicisme parmi les Géorgiens », de Tamarachvili publiée en 1902 qui est bien connue pour le petit cercle de spécialistes représente l’histoire de l’église et ce qui est aussi l’étude importante du point de vue historique, linguistique et ethnologique.Certaines réflexions et l’analyse de beaucoup de problèmes de Tamarachvili sont discutables et ne sont pas partagées par tous les chercheurs. La  qualité est  essentielle pour le chercheur – le sens de l’objectivité ne donne pas le droit à M. Tamarachvili  ne pas signaler la cause de la propagation du catholicisme parmi les Géorgiens orthodoxes : « Au Xlll siècle les missionnaires sont arrivés pour la première fois. A cette époque – là, la Géorgie dévastée par les Mourals était divisée en deux royaumes. Les Géorgiens orthodoxes de Samtskhé – Saathabago étaient convertis aux catholiques ce qui était conditionné par l’affaiblissement de la Géorgie et par la division du pays en deux parties»[2]. Par l’adoption du catholicisme, comme il est connu, une partie de Géorgiens s’est protégée du mahométisme qui était propagé par les Turcs parmi les Géorgiens.

La description de la Géorgie par les missionnaires est une partie très importante de l’histoire de la Géorgie. Au XVII siècle les missionnaires ont fait découvrir la Géorgie à l’Europe, dans leurs descriptions et les impressions ils ont raconté aux européens comment les Géorgiens défendaient leur patrie et leur religion au cours de siècles, comment ils luttaient contre les ennemis pour la liberté. Les descriptions des missionnaires Delavalé, Avitabilé, Lambert, Galanos, Vericeli et des autres sont très importantes. Ce sont aussi les missionnaires européens qui ont rédigé la première carte de la Géorgie et sa propagation dans les autres pays. Les Géorgiens qui faisaient leurs études en Italie et y prenaient la formation traduisaient les différents livres en géorgien et écrivaient les ouvrages intéressants. De ce côté – là, il faut souligner le nom de la personne distinguée de Nikiforé Irbakh, qui vivait longtemps à Rome, qui a bien  appris l’italien, a enseigné la langue géorgienne à StephanePaolini et en 1629 ils ont imprimé et ont publié ensemble le dictionnaire bilingue géorgien – Italien. Nikiforéirbakh a donné tous ses efforts à la fondation de l’imprimerie géorgienne à Rome.

Pour étudier la langue géorgienne les européens ont fondé la chaire à Rome : «Dans le collège  avec  les langues des autres nations, notre langue aussi jouit-elle de l’estime. Pour les jeunes gens géorgiens la porte de l’Europe est déjà ouverte pour y recevoir une bonne formation…»[3]. C’est un des faits les plus rares dans l’histoire de la langue géorgienne.

Dans la monographie de Tamarachvili ce  sont les ethnonymes et les unités lexicales employés pour mentionner les Géorgiens qui attirent une grande attention dans les sources ci témoignées. Aux premières pages de la monographie il est indiqué que les Géorgiens sont appelés comme les catholiques : «En 1220 après la prise de Damiette par les français, les Géorgiens annoncèrent aux croisés de l’ouest  qu’ ils furent prêts pour lutter… Les écrivains de cette époque appellent les Géorgiens catholiques « viri catholic»[4].  Puisque ce livre raconte l’histoire du catholicisme en Géorgie et l’activité des missionnaires, il est évident que la mention des Géorgiens comme les catholiques a son but, mais ici catholique doit signifier sans doute la paroisse d’une église unitaire et pas la personne qui confesse la religion catholique.

Comme il est connu, les catholiques géorgiens étaient mentionnés comme les français. Cette habitude a une longue histoire. Le pape Calistelll écrit : «Les croyants chrétiens qui s’appellent les français et qui habitent la Perse et la Géorgie» (Tamarachvili, 1902 :50)[5]. Au 16 siècle Rotier Belge a présenté à la propagande de Rome le rapport où il indique : «A propos, il faut remarquer qu’une rue de Tbilissi est appelée comme la rue des français»[6]. (Tamarachvili, 1902 :70). La rue de Tiflis était appelée comme ça parce qu’elle était habitée par les géorgiens catholiques. Il fait remarquer que si la personne confessait la religion grégorienne, cette personne était considérée comme un arménien et le géorgien grégorien était appelé comme un arménien, il était arraché à l’organisme géorgien et il n’était plus appelé le géorgien. Ainsi, si le géorgien grégorien était appelé comme un arménien, l’adoption du catholicisme, convertir au catholique était considérer comme le fait de devenir français. Et c’est pourquoi, le géorgien  catholique était appelé  français. Les missionnaires nous racontent une histoire intéressante qui a eu lieu en 1634 : un jeune Géorgien(NaskidaLopamon) qui a changé la religion et qui est devenu catholique, servait les pâtres et a décidé de se faire moine. Il était fiancé avec une jeune fille, mais à cause de sa décision il devait défaire l’accord avec la famille de sa fiancée. Le père de la jeune fille s’est adressé pour l’aide aux arméniens et il leur a dit : si aujourd’hui on force les géorgiens de devenir  français, demain ce sera votre tour ( Tamarachvili, 1902 :126 ). A la réunion où on jugeait l’action de Lopamon, NikiforéIrbakh a fait le discours et il a ajouté de son côté : » Chaque jour nous voyons que beaucoup de géorgiens deviennent  arméniens et il y en a beaucoup qui deviennent musulmans. Et pourquoi on doit défendre aux gens de devenir  Français ? (Tamarachvili, 1902 :127) ; «En même temps on a déclaré aux gens : ayez peur de ce loup qui est devenu français (le père Kirilé, l’archevêque de Trabzon), qui s’est présenté ici comme le moine croyant »… (Tamarachvili, 1902 :186). Même les pâtres appellent  Géorgiens catholiques les Français dans les lettres ; En 1700 le pâtre ReginaldoLentineli remarque : » L’archevêque honorable d’Antchir nous a accordé un bon jugement, par lequel il est ordonné à tous de ne pas déranger les Français, mais les Arméniens de Tiflis n’obéissent pas à ce jugement et ils inventent de différentes choses pour nuire aux catholiques… » (Tamarachvili, 1902 :303-304 ).

Il s’en suit que c’était la question de religion. Si le Géorgien n’était pas le chrétien orthodoxe et il confessait l’autre croyance, il n’était plus  Géorgien. De cette manière une partie de la population de la Géorgie orientale et de la partie du sud du pays était nommée comme les Arméniens, les Géorgiens catholiques de Samtskhé – Javakheti étaient appelés comme  Français (et les Arméniens, les Géorgiens musulmans se nommaient comme les Inguilos à Héréti historique, les Géorgiens musulmans de la partie du sud – est de la Géorgie étaient appelés  Turcs. Les ethnonymes : Français, Arménien n’ont pas de sens ethnique, et ils indiquent seulement la confession. Les Géorgiens catholiques se nommaient aussi comme les catholiques de Rome. En 1787,dans la lettre adressée au pâtre supérieur, dont nous n’avons pas de l’original géorgien, les habitants du village Véli se nomment comme « Les Géorgiens catholiques de Rome » (I) (Tamarachvili, 1902 : 476 – 477). Une lettre écrite en géorgien par les habitants de Véli existe encore, mais elle n’est pas datée. Dans cette lettre les villageois demandent au pâtre supérieur de laisser le prêtre dans leur village et il soignerait les habitants du village d’après l’habitude géorgienne : «  Au père supérieur honorable… donnez la grâce à notre prêtre pour qu’il soigne nos âmes misérables à la manière géorgienne… » (I)( Tamarachvili, 1902 ; 476 – 477). La plupart des habitants de Véli étaient Géorgiens et quelques familles appartenaient au typikon arménien. En 1783 le pâtre Andria Palermeli écrit que les habitants de Véli sont étonnés par le changement des typikons  « puisque d’abord il était grec, puis arménien et après latin » (I) (tamarachvili, 1902:474). Au même siècle, en 1787 le pâtre Gian-Batista Rovigueli dans sa lettre envoyée d’Akhaltsikhé à Rome les habitants de Veli appelle les géorgiennes grecque – catholique (tamarachvili, 1902:478). Ce qui est intéressant dans cette lettre c’est que les catholiques géorgiens respectent beaucoup le typikon grec et ils surpassent les arméniens catholiques. D’après cette lettre il est évident qu’au lieu d’utiliser le typikon latin, les géorgiens catholiques utilisent toujours le typikon grec et disent les prières en géorgien. Au XIX siècle le pro-vicaire  d’Akhaltsikhé David Chahkoulian  interdit complètement de mener la liturgie en géorgien aux Géorgiens de Véli et d’Akhaltsikhé. Il  a décidé que ni à Akhaltsikhé ni à Véli la présence des prêtres géorgiens du typikon grec n’était plus nécessaire parce qu’une petite quantité de Géorgiens catholiques qui y habitaient, se sont habitués au typikon arménien (I) (Tamarachvili, 1902 : 487-488). Le  pro-vicaire Chahkoulian« a présenté tous les catholiques de la Géorgie comme les Arméniens et a déclaré qu’Akhaltsikhé  était la partie de l’Arménie » (Tamarachvili, 1902 : 500 ). Voilà, de cette maière « était souvent decidé le destin des Géorgiens et la question de la langue. Les descendants des habitants du village Véli qui ont adopté  le typikon arménien n’ont pas gardé ni le typikon géorgien, ni la langue géorgienne : « A présent, ils ont préféré la langue turque à leur langue maternelle, la langue géorgienne» (Tamarachvili, 1902 :479-480).

Dans  les  sources européennes les géorgiens orthodoxes sont mentionnés comme  Géorgiens , les Grec ou les Géorgien de religion grecque, les moines Géorgiens sont mentionnés come les moins grecs  : «  … les Géorgiens grecs de Véli et d’Akhaltsikhé (ayant le typikon grec) étaient obligés d’amener à Rome deux jeunes hommes ayant le même typikon… » (I) (Tamarachvili, 1902: 487) ; «  … Ni les Grecs (les Géorgiens du typikon grec) ni les Arméniens ne peuvent recevoir le catholicisme… » (I) (Tamarachvili, 1902 :414) ; « La plupart des Géorgiens et la meilleure partie de la religion grecque blâmaient l’action si injuste du roi; non seulement les religieux grecs (les Géorgiens), mais le patriarche même venaient nous voir… » (Tamarachvili, 1902 : 390). Dans un document de 1690, à propos des prêtres du typikon grec il est indiqué dans la scoliequ’ils sont de nation géorgienne (I)(Tamarachvili, 1902 : 281?)

D’après les exemples susmentionnés il devient évident encore une fois que le marqueur principal de la définition de l’identité géorgienne était toujours la langue à côté de la religion. En changeant la croyance et letypikon les ennemis essayaient de faire oublier la langue maternelle ce qui était souvent suivi par la perte de l’identité aussi.

Il est évident que les missionnaires catholiques qui d’après les sources indiquées dans la monographieétaient arrivés en Géorgie par la mission extraordinaire à peu près en 1230, n’avaient pas de connaissances linguistique, historique et ethnologique convenables et c’est pourquoi ils ne pouvaient pas qualifier dûment beaucoup de questions importantes. De ce points de vue il faut attirer l’attention aux ethnonymes et aux unités lexicales par lesquels sont mentionnés la Géorgie, ses paries ethnographiques et les rois de la Géorgie. Aux archives de Vatican il y une lettre adressée aux rois David et Dimitri par le Pape Nicolas IV. Cette lettre  est envoyée en 1289. David est mentionné comme le roi des Ibériens (DavidemRegemHiberorum) et Dimitri – le roi des Géorgiens (Georgianorum) (Tamarachvili 102 : 19).

Au XVII siècle le pape Urbain VIII appelle Zaharie comme  métropolite de toute l’ibérie : «  Zacharie appelé le métropolite de toute l’ibérie » (tamarachvili, 1902 :120). De même le pape Urbain VIII appelle le prince de Guria « Le prince géorgien de Guria » (Tamarachvili, 1902 :151), le prince d’Odichi est appelé « le prince géorgien d’Odichi » (Tamarachvili, 1902 :169), le roi d’Iméréti est appelé « le roi géorgien d’Iméréti » (I) (Tamarachvili ,1902 :212). Pour le pape Urbain VIII les habitants de la Géorgie orientale et de la Géorgie occidentale représentent  la nation géorgienne : « La seule cause de leur (des missionnaires) arrivée en Géorgie est la recherche de la grâce divine pour la nation géorgienne et pour les princes géorgiens… » (Tamarachvili, 1902 :170).

Dans la Géorgie désintégrée et parcellée du XVII siècle, à propos de Mingrélie, il est indiqué que cette région n’est pas une mission isolée et « elle dépend de la mission de la Géorgie » (Tamarachvili, 1902 :133). Il s’en suit que les européens mentionnaient telle ou telle partie de la Géorgie en conformité de leurs connaissances. Parfois les commentaires des missionnaires étaient influencés par la situation politique selon laquelle les géorgiens et les mingréliens étaient mentionnés comme les peuples différents : « La mission que devait être envoyée chez les Mingréliens et les Géorgiens s’est mise à travailler de Constantinople… » (Tamarachvili, 1902 :134). Parfois les missionnaires sous les noms Iberia et Géorgia sous – entendaient outre la partie orientale de la Géorgie, sa partie occidentale aussi – Iméréti et Mingrélie. Ce jugement des missionnaires avait son explication – puisque le roi d’Iméréti dépendait moins que les rois de Kartli et de Kakhéti de la Perse, il était plus indépendant et c’est pourquoi les européens pensaient que le roi d’Iméréti était le vrai prince géorgien et sous les noms Iberia, Géorgia ils sous – entendaient Iméréti et appelaient cette région le pays des Géorgiens.

Dans les documents à côté d’Iberia il est mentionné Iveria. Le pape Urbanos VIII appelle le roi Téimuraz le roi d’Iveri. (Tamarachvili, 1902 : 117). En 1672 le pâtre Bernardé de Naples écrit, que « … (le catholikos ) s’est rendu au roi et il a beaucoup essayé de nous chasser de tout l’Ibérie » ; « …La nation respectait beaucoup notre conscience et nos sciences et les Iverions et les Géorgiens nous estimaient beaucoup » (I) (Tamarachvili, 1902 : 239). En 1714 Claudio Regieli appelle Kartli l’Iveria orientale ou la Géorgie (I) (Tamarachvili, 1902 : 344). Les papes appelaient aussi l’Iverie l’Iverie d’Asie : A l’archevêque du royaume de l’Iverie d’Asie, à notre frère honorable Ekvtimé, le pape Innocent XI (I) (Tamarachvili,1902 : 270) ; « A notre fils aimé par le Christ, Géorges, au roi brillant de l’Iverie d’Asie, le pape Innocent XI » (Tamarachvili, 1902 : 271). En 1687 les européens indiquent qu’à cette époque – là, la Géorgie est divisée en 5 principautés et chaque principauté a son prince. Ces princes sont appelés comme les rois parce qu’ils défendent leur ancien droit. (I) (Tamarachvili, 1902 : 265 – 266).

Dans une lettre rédigée par le Guiorgui (Géorges) au XV siècle Samtskhé est appelé par l’ethnonyme la Géorgie (Géorgiae) : Dans sa lettre adressée au duc de la Bourgogne par KvarvaréAtabagui, celui – ci  s’appelle « le prince de la Géorgie » (Tamarachvili, 1902 : 58). Samtskhé était appelé comme la Géorgie quand le prince Kvarkvaré a renforcé son pouvoir. En 1459 Ludovique de Bologne a emporté les lettres écrites par KvarkvaréAtabagui et le roi Géorges (des Persans) en XV siècle pour les remettre au roi de la Bourgogne. A propos de ces deux lettres M. Tamarachvili remarque que « ces deux lettres sont assez longues et il est difficile de les avoir, parce qu’elles sont dans un livre ancien et assez rare. C’est pourquoi nous les publions ici pour que la Géorgie ne perde pas les documents si importants ». (Tamarachvili, 1902 : 58).

Il y a encore une lettre du XIII siècle de ce point de vue très intéressante  envoyée par la reine Roussoudan au pape Honori III où elle se nomme la reine des Abkhazes : « A sa sainteté au pape… nous, la reine des Abkhazes, humble Russoudan… nous vous saluons avec un grand respect » (tamarachvili, 1902 : 7). Il est évident que l’ethnonyme l’Abkhazie est employé comme le synonyme de la Géorgie et il ne marque pas seulement une partie ethnographique de Géorgie. Après avoir étudié les lettres des européens, M. Tamarachvili conclut : « Autrefois, les européens appelaient l’Abkhazie la Géorgie, parfois ils l’appelaient Lazika, Abkhazia ou Iberia et souvent ils confondaient ces noms » (Tamarachvili, 1902 : 19). Dans la lettre destinée pour le roi de la Bourgogne l’Abkhazie est mentionnée par deux noms : l’Abkhazie et Anacossia. (Tamarachvili, 1902 : 58). Dans leurs lettres les européens soulignent souvent que l’Abkhazie est habitée par les païens mais ils oublient que ces païens habitent à côté des Géorgiens chrétiens. Cette imprécision est due aux connaissances insuffisantes de l’histoire de cette ancienne partieethnographique de la Géorgie et de l’histoire de l’église orthodoxe de la Géorgie. Les temples anciens construits sur ce territoire de la Géorgie, même en cas des connaissances insuffisantes, devaient montrer aux missionnaires européens l’histoire réelle de cette partie de la Géorgie. Voici un petit extrait de la lettre de Richard qu’il a écrite au ministre Tercy du roi de la France en 1714 : « Je crois que monsieur Desaloir a annoncé à Votre Majesté qu’il avait amené un religieux de la Mingrélie, qui, selon l’ordre de son patriarche, doit emmener les missionnaires européens dans son pays ; Leur patriarche donnera trois maisons aux missionnaires : l’une à la Mingrélie, la deuxième chez les Abachidzé (iméréti) et la troisième en Abkhazie où habitent les païens et leurs voisins sont les circassiens païens ».(I) (Tamarachvili, 1902 : 314).

La Géorgie parcellée en quelques principautés isolées était un argument suffisant pour que les européens présentent les représentants de différentes parties ethnographiques de la Géorgie comme les peuples différents. Il existe un rapport rédigé en 1714 dont l’auteur est anonyme. Le rapport relate l’activité commerciale des Français en Géorgie et en Perse. D’après ce rapport : « Le patriarche de la Mingrélie qui est en même temps le patriarche des Abkhazes, des Imérétiens et des habitants de Guria, qui sont les peuples différents, a soutenu cet avis ». (Tamarachvili, 1902 : 323). D’après Soulkhan – Saba Orbéliani, cette lettre ne reflète pas la vérité, mais cette considération ne doit pas être vraisemblable.

Dans la lettre rédigée au XV siècle, le pape Pius II mentionne Kartli comme la Perse, les habitants de Kartli sont appelés comme la nation persane et le roi de Kartli – « le roi de la Perse ». Athabag (le titre du prince du sud – est de la Géorgie) de Samtskhé est appelé comme le roi de la Géorgie : « … Il y a beaucoup de rois et de gens chrétiens catholiques qui respectent l’Eglise de Rome… et parmi eux… le catholikos des Géogiens, le roi de la Perse (Guiorgui), le roi des Géorgiens (Athabag de Samtskhé), le roi de la Mingrélie (Bendia), l’empereur de Trabzon et aussi le peuple Persan (le peuple géorgien)… » (Tamarachvili, 1902 : 52). Dans la lettre écrite en géorgien qui s’adresse au pape Clement X, Chah – Navaz est mentionné comme le roi de toute la Géorgie – de la Géorgie orientable et occidentale, de Samtskhé, de Tao, de Bassiani, de Ligani, de Javakhéti, de Guria, d’Odichi, de l’Abkhazie, de Svanéti, de Ratcha, de Letchkhoumi, de l’Osséti, de Dvaléti, de Khevsouréti, de Phchavi, de Thoucheti (I) (Tamarachvili, 1902 : 245).

D’après les appréciations des missionnaires européens le peuple géorgien est considéré comme le peuple le plus instruit, le plus honnête et le plus doué parmi les peuples de l’Orient (I) (Tamarachvili, 1902 : 254). Le pâtre Jozephe de Rome écrit dans sa lettre envoyée à Rome que »… Les Georgiens n’étaient jamais  commerçants. Les marchands qui arrivent ici sont des étrangers. Ce dernier temps les Persans ont agrandi la capitale de la Géorgie Tiflis et ont rempli la ville par les Arméniens qui ont commercé à faire du commerce ». (I) (Tamarachvili, 1902 : 250).

Christophe Casteli dans sa lettre envoyée à Rome en 1652, écrit, que « le peuple (qui n’est pas recensé) habitants dans les montagnes et sur les pentes du Caucase n’a pas de livre, ni d’écriture et n’emploie l’alphabet géorgien non plus, l’arithmétique est tout à fait inconnue pour ces gens. Pour compter ils emploient les grains du chapelet ou les cailloux et les nœuds de la corde » (I) (Tamarachvili, 1902 : 197). Cet extrait démontre clairement qu’il n’est pas possible de parler de la civilisation à l’échelle de tout Caucase et il ne faut pas juger de la même manière le niveau du développement du peuple susmentionné et du peuple pour qui « la religion du Christ, l’instruction et les connaissances étaient inséparables… » (Tamarachvili, 1902 : 175).

Quant aux problèmes de l’identité ethnique et linguistique des géorgiens catholiques, dès le début il faut souligner que la Géorgie était un des pays polyethniques où il n’y avait jamais de conflit ethnique, sauf l’intervention des autres. En Géorgie il y avait toujours la liberté de confession. En 1767 AntoneFiralni écrit à la propagande de Rome : « …Nulle part dans l’étatde la Turquie il n’y a pas d’autre province où il est possible d’avoir une telle liberté de la religion comme ici… » (I) (Tamarachvili, 1902 : 438). Au XIX siècle à côté de différents moyens quiétaient adressés pour la décomposition de la nation géorgienne et de la conscience unie nationale il y avait une question imposée qui concernait les géorgiens catholiques – après le changement de la religion à qui appartenaient – ils? Naturellement, les géorgiens catholiques étaient indignés et pour résoudre la question ils se sont adressés à un des marqueurs les plus importants pour définir la nationalité – à la langue, bien sûr, à côté du prénom et du nom de la famille. A propos de ce problème, 1899, le célèbre savant géorgien Alexandre Khakhanachvili a publié un article dans la revue « Les Nouvelles de Petersbourg » ou il écrit : «  Il y a presque 20 ans qu’on avait touché la question des catholiques géorgiens et on a décidé hâtivement que les catholiques qui ont la langue et le nom géorgiens, sont arméniens. Cette décision bureaucratique n’a satisfait personne, au contraire, avec les géorgiens catholiques les géorgiens orthodoxes étaient aussi indignés parce que dans leur ascendance lointaine ils avaient les mêmes noms et prénoms. Vraiment, il est impossible de considérer comme arménien l’habitant catholique d’Akhaltsikhé dont le nom est Gvaramadzé qui est un nom de famille géorgien et dont les parents appartiennent aux géorgiens orthodoxes et ils portent le même nom de famille. Il est insensé de trouver que si l’homme change sa religion, il change aussi son appartenance nationale » (Les nouvelles de Petersbourg », 1899 ; (Tamarachvili, 1902 : 78 – 79).

Les questions linguistiques attirent aussi une grande attention. Les missionnaires comprenaient bien que pour réaliser leur mission il était nécessaire d’apprendre la langue du peuple chez qui ils espéraient travailler. C’est pourquoi les missionnaires se sont mis à apprendre le géorgien avant de partir en Géorgie, à Rome où ils ont fondé l’imprimerie géorgienne et ont commencé à imprimer les livres traduits du latin en géorgien. En 1663 le pâtre SerafinoMelicoceli remarque que quand ils apprendront bien la langue géorgienne, ils pourront avoir les fruits de leur travail en Géorgie (I) (Tamarachvili, 1902 : 224). Presque tout missionnaire qui travaillait en Géorgie savait bien le géorgien. Voilà un exemple qui démontre bien que les missionnaires comprenaient bien la langue géorgienne : quand les religieux grecs ont traduit le livre du pape adressé au roi Téimouraz et puis un grec a lu en géorgien au roi le livre, il a changé quelques phrases de la lettre. Les missionnaires ont remarqué que la traduction n’était pas précise et ils l’ont corrigée. (Tamarachvili, 1902 : 101). Il y a encore un fait intéressant que démontre bien que les missionnaires s’intéressaient à la langue géorgienne. FrancisceMagio qui est arrivé en Géorgie en 1637 s’est mis tout de suite à apprendre le géorgien, très vite il a appris bien la langue et il a écrit le manuel de grammaire géorgienne en géorgien et en latin (I) (Tamarachvili, 1902 : 130). Le fait que quelques européens se nomment comme le professeur des langues géorgienne et arménienne, indique les bonnes connaissances du géorgien par les missionnaires : « Moi…professeur des langues géorgienne et arménienne, pendant mon séjour là – bas… j’employais souvent ce livre… » (I) (Tamarachvili, 1902 : 344). Dans cette  lettre Cladio de Reggi se nomme comme le professeur de la langue géorgienne et, en plus il apprécie aussi la traduction d’un livre de l’italien en géorgien par un Géorgien : « J’ouvrais souvent ce livre… le géorgien de Gori David Tloukaant, rédigé et traduit bien en géorgien par l’élève du collège Urbanos de la propagande Fidé » (I) (Tamarachvili, 1902 : 344). Il faut aussi remarquer que les lettres et les pétitions qui étaient envoyées à Rome, étaient écrites en géorgien (Tamarachvili, 1902 : 440).

C’étaient les géorgiens catholiques qui imposaient la nécessité et l’obligation de l’étude du géorgien aux européens parce qu’ils voulaient écouter la liturgie seulement en géorgien. D’après le pape à Constantinople au  XVII siècle le pâtre Pierre a remis aux missionnaires de la Géorgie la permission d’après laquelle ils pouvaient lire les prières latines en géorgien et célébrer la messe latine en géorgien. Les arméniens de Nakhitchévani avaient ce droit plus tôt – ils pouvaient célébrer la messe latine en arménien. En XVIII siècle les capucins ont reçu l’accord de Rome et ils pouvaient lire l’Evangile et les actes des apôtres en géorgien et dire les autres hymnes en géorgien. Le 27 janvier et le 10 février de 1757 dans la chambre de Cvirinale, à la réunion de l’inquisition la propagande sainte a présenté quatre questions du chef de la mission géorgienne aux cardinaux de l’inquisition. La troisième question concernait la langue de la liturgie : « Dans ce pays il y a l’habitude d’après laquelle en faisant l’office divin, le curé célébrant la messe latine, lit les actes des apôtres et l’Evangile d’abord en latin et puis il lit la même chose en géorgien à voix haute. Nous vous demandons de nous donner le conseil à propos de cette habitude. Le conseil a été donné : « Il est permis aux curés de ce pays de lire d’abord les actes des apôtres et l’Evangile en latin d’après le règlement de la Saint Eglise de Rome et l’évangile qui est lu à l’église des Géorgiens ne doit pas se différer de l’évangile latin ou grec » (I) (Tamarachvili, 1902 : 465 – 466).

Au XIX siècle, en 1815 le pâtre Filliperemarque que « … quand le pâtre est à Akhaltsikhé, la messe est célébrée en latin et chantres (qu’on appelle les diacres là – bas) chantent la messe à haute voix et répondent en géorgien ; Ils disent de la même manière la liturgie canonique et les autres prières » (Tamarachvili, 1902 : 505). Les catholiques géorgiens se confessaient seulement en géorgien devant les pâtres; Au XVIII siècle quand les pâtres qui connaissaient la langue géorgienne, ont quitté Tbilissi et il n’y avait même un seul pâtre qui parlait géorgien, deux princes nobles géorgiens sont tombés malades et ils risquaient de mourir sans se confesser et sans recevoir le viatique si un curé catholique étranger n’était pas par hasard là – bas qui a eu le temps de confesser l’un des malades… (I) (Tamarachvili, 1902 : 366).

Il est connu que les ennemis employaient beaucoup de moyens pour décomposer la conscience géorgienne unie. Les uns attribuaient les représentants de différents groupes ethnographiques de la Géorgie aux différents peuples. Dans le cas des catholiques géorgiens avec la confession c’était la langue qui était employée comme l’arme puissante pour déclarer les catholiques géorgiens comme les représentants de l’autre nation. De ce point de vue, il y a une lettre très intéressante envoyée par le curé géorgien d’Akhaltsikhé, MakadriantGuiorgui à Rome aux cardinaux où il exprime son mécontentement à propos du fait que quelques curés ont pris l’habitude de lire l’évangile à la messe en deux langues – en arménien et en géorgien, ils interprétaient en géorgien l’évangile écrit en arménien : « … Je voudrais annoncer une seule chose au saint concile : quelques de nos curés ont pris volontairement l’habitude de lire deux évangiles à la messe à haute voix ou bien de lire le même évangile en deux langues, c’est-à-dire en arménien comme si l’évangile géorgien soit l’interprétation de l’évangile arménien. C’est pourquoi j’ose de vous demander un livre de la messe en arménien… » (I) (Tamarachvili, 1902 : 460 – 461). Nous pensons que cette lettre n’a pas besoin de commentaires supplémentaires. Les arméniens ethniques ne devaient pas avoir besoin de l’interprétation géorgienne de l’évangile écrit en arménien. Il est évident qu’il s’agit ici des géorgiens ethniques dont la langue maternelle état la langue géorgienne. Ce jugement est renforcé par la réponse de la propagande qui a reconnu comme légitime l’habitude de lire l’évangile en géorgien à la messe. D’après la propagande, la lecture de l’évangile en géorgien s’accorde bien avec l’avis de l’église pour que l’évangile soit compris bien pour tous. Et la langue que tout le monde connaît, c’est la langue géorgienne. Pour affirmer notre jugement nous donnons ici un long extrait de la réponse de la propagande écrite en 1777 : « Vous nous écrivez que le curé de votre village a pris l’habitude de lire deux évangiles à la messe à haute voix, l’un – en langue d’église arménienne et l’autre en langue religieuse géorgienne et je vois les soupçons dans votre lettre puisque vous m’annoncez que le deuxième évangile, c’est tout simplement l’interprétation ou la traduction de l’arménien. C’est pourquoi je n’y voir aucun inconvénient puisque le premier évangile qui est lu en arménien est une partie de la liturgie dans le même typikon et le deuxième évangile qui est lu en géorgien s’accorde avec l’avis de l’église qui souhaite qui l’évangile soit compris bien par tout le monde et que les curés interprètent après avoir lu l’évangile aux gens » (I) (Tamarachvili, 1902 : 460 – 461). A la fin de ce désarroi les catholiques géorgiens étaient reconnus comme les descendants de la nation arménienne et on leur a interdit d’écouter les prières et les sermons en géorgien. Ainsi des milliers de géorgiens catholiques étaient privés du droit de glorifier et de supplier le Dieu en leur langue.

Les Turcs ont réussi facilement à convertir les géorgiens catholiques en arméniens à Artvini dont les habitants les plus anciens étaient les arméniens catholiques et les arméniens grégoriens. Ces catholiques sont les anciens habitants de cette ville et les descendants des géorgiens  »leur langue géorgien – arménien affirme bien cette considération et ils disent eux – mêmes que leurs ancêtres étaient géorgiens de la religion catholique » (Tamarachvili, 1902 : 80 – 81). Il est difficile de ne pas accepter cette opinion parce que cette ville, Artvini est le territoire historique de la Géorgie où l’unique langue de communication et d’église devait être seulement la langue géorgienne.

Le pâtre Joseph de Livorne(2), dans sa lettre évoque les arméniens convertis en catholiques, mais d’après M. Tamarachvili c’étaient les géorgiens ce qui est démontré par leurs pronoms : Tinatina, Estaté, Naskida, Zalina et Mamajana (Tamarachvili, 1902 : 265). L’adoption du typikon arménien a porté les changements dans les noms propres mais il faut dire que ces géorgiens qui ont adopté le typikon arménien et avaient les noms changés en arménien, au XVIII siècle envoient la lettre ou la pétition à Rome en géorgien. Il est intéressant de voir les noms propres géorgiens et arméniens qui viennent parfois des autres langues et parfois ils représentent le mélange des racines géorgiennes et arméniennes : «  + Moi, KrukhitchamiatPetrosaiIritsphokani Surf – Ovanessissa j’affirme cette lettre avec mon sceau [le sceau]  + Moi, KhoutsiantOvanessi la paroisse de Ter –Arakela. J’affirme cette lettre. –  +  Moi, MakandriantElizbaraiRicphokhakhani Surf – nichnissa…  + Moi, le petit Simona d’Akhaltsikhé, la paroisse de Ter – Kirakoza – +  Moi, KatchkhoachviliChoubachiPetrossa – +  Moi, AlochatOvanessi, la paroisse de Ter – Akopha –  + Moi, SahtjiPetrossa – Moi,Kourkji, le fils de chahnaBabonai… +  Moi, Gabriela d’Akhaltsikhe – +  Moi,StephanéKotchibrolachvili d’Akhaltsikhé… +  Moi, KhojovanatPorossai –  +  Moi, BatonjanaKroukhitchamiat –  +  Moi, IvanéKoussiant » (I) (Tamarachvili, 1902 : 440 – 441).

Parfois les noms propres des géorgiens catholiques (« des français ») avaient les radicaux arméniens selon le typikon arménien qui leur était désigné par le pape de Rome et ils appartenaient à l’église catholique arménienne.

Dans cet ouvrage il y a quelques exemples du changement de l’appartenance ethnique sur le terrain de religion qui était le cas assez fréquent. En 1729 le géorgien de Tiflis IvanéJigananti est parti pour Rome pour y faire ses études. En 1740 il a été consacré au curé selon le typikon arménien d’après la demande des capucins. Dans les lettres de la propagande et dans celles des capucins se Ivané est nommé comme le géorgien. Mais quand il était consacré en curé selon le typikon arménien, le mot – arménien était ajouté tout de suite à l’ethnonyme – géorgien et il est devenu arménien – géorgien—armeno – giorgiano (I) (Tamarachvili, 1902 : 348). A la fin de ce processus l’ethnonyme géorgien était définitivement enlevé aux géorgiens ethniques et ils devenaient arméniens. Après cette gradation des milliers de géorgiens avaient les noms changés selon le typikon. En 1640 le pâtre augustinien Ambrossi, dans sa lettre envoyée de Gori à Rome mentionne les autres moyens par lesquels les géorgiens étaient convertis en arméniens. Les arméniens achetaient les villages des géorgiens qui devenaient leurs serfs et qui étaient obligés de devenir les arméniens (2) (Tamarachvili, 1902 : 236).

Les capucins avaient besoin de curés du typikon arménien à Akhaltsikhé et dans ses alentours, c’est pourquoi les géorgiens étaient sacrifiés au typikon arménien à Rome. En plus si la personne était envoyée à Rome, elle était déjà considérée comme arménienne quoique leurs lettres démontrent clairement que ces gens étaient géorgiens.

En général, les arméniens étaient moins oppressés par les turcs que les chrétiens des autres confessions. L’adoption du typikon arménien a sauvé les géorgiens catholiques de la mort et des autres problèmes. Mais après ils n’ont pas osé d’adopter le typikon géorgien parce que les turcs les convertiraient en musulmans ou les tueraient. Les missionnaires européens n’ont plus osé de donner le typikon latin à ces catholiques géorgiens parce que c’était strictement interdit par le gouvernement de la Turquie : « C’est pourquoi et à cause des autres événements les catholiques de Samtskhé sont restés sur le typikon arménien et souvent sous l’influence des curés de nation arménienne » (Tamarachvili, 1902 : 411 – 412).

Le rôle et l’importance de la langue était toujours primordiale dans cette région. Quand les missionnaires avaient quitté la Géorgie, à la demande gouverneur général Vorontsov qui comprenait bien ce que signifiait la langue géorgienne pour les géorgiens, par l’ordre de l’empereur de la Russie, les pâtres polonais qui étaient désignés en Géorgie, devaient apprendre la langue géorgienne sinon ils auraient difficultés dans les relations avec les géorgiens catholiques. Au XIX siècle, pendant la période de la politique de la russification, quand le gouvernement a vu que les géorgiens catholiques étaient sans le curé, «  a demandé à l’archevêque de Moguilevsk d’envoyer deux jeunes curés polonais en Géorgie qui devaient apprendre la langue géorgienne et se soucier de la paroisse » (Tamarachvili, 1902 : 525). Les européens apprenaient non seulement la langue de communication, mais aussi, comme ils l’appelaient, la langue littéraire pour faire les traductions parfaites des livres qui étaient vérifiés attentivement par le connaisseur de la langue et le secrétaire de la langue géorgienne et de autres langue qui servaient à la cour du roi. En 1681 le pâtre Bernardo Maria de Naples a quitté la Géorgie pour Rome, il a emporté le cathéchisme traduit par lui de l’italien en géorgien littéraire : « + l’enseignement chrétien… traduit par le pâtre Bernardo Mariam de Naples, capucin et propagateur et théologien de l’italien en géorgien littéraire ». Ce livre était ensuite vérifié par EnibegantZalina : « La vérification. +  Moi, ZalinEnibegui… j’ai été chez le gouverneur du roi de la Perse et je suis le connaisseur et le secrétaire des langues géorgienne, arménienne, persane, tartare et italienne… j’ai lu et j’ai relu avec attention ce livre… (I) (Tamarachvili, 1902 : 256). Cette citation nous montre bien qu’à cette époque – là la compétence linguistique était très importante.

En 1621 à Naples était imprimé un petit livre « Le rapport sincère à propos des royaumes de la Géorgie par le pâtre Paul Maria Faianceli dominicain ». Ce livre démontre clairement que pour tous les géorgiens la langue géorgienne était la langue maternelle, « Ce sont seulement les curés et les personnes instruites qui savent la langue grecque, presque tout le monde parle tartare, mais leur propre langue d’origine, c’est le géorgien… » (Tamarachvili, 1902 : 84). En 1690, dans une lettre envoyée à Rome il est indiqué la particularité de l’écrit géorgien – quand les géorgiens commençaient à écrire, à la tête de la ligne, ils mettaient le signe + ce qui est la signe de la croix (I) (Tamarachvili, 1902 : 277). Du point de vue linguistique et ethnique il y a une lettre intéressante datée de 2 mars de 1615 envoyée par le père Ludovic Garangerio au chef de la  société de jésuites Claudio Aqvaviva. D’après cette lettre qui est écrite dans le village Mokvi de la Mingréli, les lazes sont les mingréliens et pour les nommer il est employé aussi un autre ethnonyme « Les Alanes » ; Il y a encore un autre ethnonyme largement employé « les tchanes » pour marquer les Lazes. Le nom – les lazes – est écrit en lettres latines entre parenthèses : « Le prince de Meskhis et de Lazes (de Meschi e de Lazii) Atabeg qui s’était converti  à l’islam pour garder sa principauté, n’avait qu’une fille très belle ». (Tamarachvili, 1902 : 161). Lazistani ou la Mingrélie est étendue de Trabzon jusqu’à la Géorgie ; Trabzon, aujourd’hui la partie historique de la Géorgie, d’après « La vie de Kartli » est le village des mingréliens, et sous le nom « La Géorgie », ici il est sous – entendue sa partie orientale. Il faut souligner dans la partie de la Mingrélie ou de Lazistan qui se trouve plus proche de Trabzon, les habitants parlent la langue grecque et dans l’autre partie qui est proche de la Géorgie ou de la partie orientale de la Géorgie, la langue parlée était le mingrélien. Mais il faut savoir ou juste la langue grecque mentionnée ici c’est notamment la langue grecque ou la langue géorgienne parce que les missionnaires appelaient souvent les grecs les géorgiens parlant leur langue maternelle – le géorgien et ayant le typikon grec. Cette lettre explique  la cause du convertissement des Lazes aux musulmans. Puisque les lazes étaient chrétiens, les musulmans leur imposaient beaucoup et par le refus de leur religion, les lazes évitaient de grands impôts.

Du point de vue linguistique il y a un moment intéressant. En 1624 la réunion de la propagande a envoyé quatre curés dominicains sous le commandement du pâtre Ivané pour étudier la vie du peuple habitant au bord de la Mer Noire. Le navigateur leur a dit que tout près du bord de la mer il y a une belle église qui devait appartenir aux abkhazes qui avaient leur propre langue. Ils ont envoyé un homme pour appeler le curé qui était à l’église, « quand je suis sorti, j’ai salué l’homme qui était géorgien… à mon avis cette église devait être bâtie par l’empereur des grecs ». (Tamarachvili, 1902 : 143). En 1674 le pâtre Zampi écrit dans sa lettre envoyée à Rome que la Mingrélie n’est plus la Mingrélie parce qu’ « aujourd’hui les gens ne vivent plus en sécurité, parce qu’ils ont toujours peur des Abkhazes qui peuvent envahir à n’importe quel moment de la journée. Même les navires qui apportaient les marchandises à Kavro et à Morbila n’abordent plus ces villages et ils vont à Anarguia. Sur la terre aussi jusqu’à Oraskuri les habitants sont terrorisés par les Abkhazes qui dévastent souvent ce territoire » (I) (Tamarachvili, 1902 : 205). Cette lettre dit que sur le territoire où s’étaient établis les Abkhazes parlant une langue particulière, en 1624 c’était déjà le curé géorgien qui célébrait la messe en géorgien ce qui révèle encore une fois la mythologie  inventée par les auteurs de l’histoire dans cette  période. Il est vrai que c’était seulement la Géorgie orientale qui s’appelait la Géorgie mais certains auteurs distinguaient la Mingrélie, Lazistan et ils appelaient les habitants de la Mingrélie la nation mingrélienne mais ils ne pouvaient pas éviter le fait que ce sont  Géorgiens ainsi que les autres habitants de la Géorgie. Dans cette lettre on dit que « ces Géorgiens (resp : les mingréliens) ont l’habitude de s’asseoir sur le tapis étendu… » (Tamarachvili, 1902 : 147).

Dans cet ouvrage il y a aussi les caractéristiques métaphoriques ethniques intéressantes. La caractéristique pareille est toujours importante parce qu’elle reflète la perception d’un groupe ethnique par l’autre groupe et parfois la qualité caractérisant un groupe ethnique est attribuée à l’autre : « Ainsi était finie leur (des arméniens) indignation juive » (Tamarachvili, 1902 : 385).

Donc, nous avons essayé de montrer les problèmes d’une des questions cardinales – les questions de l’identité linguistique et ethnique des géorgiens d’après les sources étrangères qui avaient survécu aux anéantissements et qui étaient décrites dans les archives à l’étranger. Cependant, nous espérons que dans l’avenir nous aurons plus de possibilités pour que l’étude des problèmes de l’identité linguistique et ethnique d’après les sources susmentionnées soit plus complete.

[1] მ. თამარაშვილი, ისტორია კათოლიკობისა ქართველთა შორის XIII ს. ვიდრე XX ს-მდე, ტფ., 1902, გვ. 4.

[2] მ. თამარაშვილი, ისტორია კათოლიკობისა ქართველთა შორის XIII ს. ვიდრე XX ს-მდე, ტფ., 1902, გვ. 79-80.

[3] მ. თამარაშვილი, ისტორია კათოლიკობისა ქართველთა შორის XIII ს. ვიდრე XX ს-მდე, ტფ., 1902, გვ. 297-298.

[4] ქრონიკები, გამოცემული თ. ჟორდანიას მიერ, წიგნი მეორე, გვ. 75, 101, 140, 142, 152.

[5] Raynold tom. 10. An. 1457. Pag.125, et Platina in Vita Callisti III. Lib.14. p. 267.

[6] Rottiers De la religion chretienne en Geogrie.

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